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L'intégration des enfants porteurs d'un handicap est l'orientation prise depuis 25 ans par l'Education Nationale, avec comme principe que tout enfant handicapé doit bénéficier d'une scolarité de préférence en classe ordinaire ou à défaut en classe spécialisée.
Cet objectif a pour but d'offrir à l'enfant et l'adolescent le maximum de chances d'insertion dans la société.
L'intégration d'un enfant dès le plus jeune âge en milieu ordinaire est d'abord un moyen pour lui de vivre et de s'épanouir auprès de sa famille. C'est aussi un moyen lui permettant de développer sa personnalité et de faire connaître sa différence, de développer ses capacités de langage écrit et oral et ses acquisitions scolaires.
Loi d'Orientation en faveur des personnes handicapées du 30 juin 1975, et circulaires sur l'intégration (du 29 janvier 1982 et du 29 janvier 1983)
Instituent l'obligation éducative pour les enfants et adolescents handicapés et fixent comme objectif prioritaire leur intégration en milieu scolaire ordinaire.
Loi d'Orientation sur l'Education du 10 juillet 1989
Apporte un cadre favorable aux actions d'intégration (mise en place des cycles, travail en équipe des maîtres, pédagogie différenciée, adaptation des enseignements aux rythmes des enfants)
Annexes 24 des 22 avril 1988 et du 27 octobre 1989, circulaires du 29 avril 1988 et du 30 octobre 1989
Indiquent que l'intégration nécessite généralement une aide adaptée à l'élève et un soutien à l'enseignant.
Circulaire 91-302 du 18 novembre 1991
Ses principes :
D'actions ponctuelles, expérimentales, à la mise en œuvre d'une politique convergente assurant à l'enfant et à l'adolescent handicapés le droit à un accueil et à une scolarisation en milieu ordinaire.
Enrichissement de l'école, en l'ouvrant à la société.
Enjeux de citoyenneté, en favorisant la reconnaissance des différences.
L'intégration prend en compte les objectifs assignés à l'école, et les capacités des enfants et adolescents.
Elle s'appuie sur l'attente raisonnée des familles.
L'intégration est la norme. l'orientation en établissement spécialisé est une réponse adaptée à des besoins éducatifs et thérapeutiques particuliers qui incluent des ambitions pédagogiques.
Individuelle, collective, à temps plein ou partiel, elle doit être inscrite dans le cadre du projet d'école ou d'établissement. (Les classes spécialisées CLIS, classes pour le primaire, sont pensées comme des structures ouvertes).
Elle peut être demandée directement par la famille, ou par l'intermédiaire d'un SSESAD (services d'éducation spéciale et de soins à domicile) ou d'un établissement spécialisé.
1er cas : avis favorable de l'équipe pédagogique.
La commission d'éducation spéciale (CCPE ou CCSD) notifie l'intégration, veille à la mise en place d'un projet pédagogique, éducatif et thérapeutique, partenarial.
2nd cas : refus d 'accueil expliqué et motivé.
La commission compétente propose à la famille une réponse :
Circulaire 95-124 du 17 mai 1995
Développement de l'intégration dans le second degré.
Deux éléments importants : la convention d'intégration, et le projet individuel de formation comprenant un volet pédagogique.
Le 3 février 1999, la ministre déléguée à l'enseignement scolaire, Ségolène ROYAL, a présenté un plan "d'encouragement" à la scolarisation des enfants et adolescents handicapés. Elle souligne que "l'intégration en milieu " normal " répond à un immense besoin de reconnaissance et est aussi bénéfique aux autres, leur apportant ouverture et respect de la différence".
Dernières prises de position en faveur de l'intégration :
circulaire n° 99-187 du 19/11/99 :
| Pour en savoir plus | |
circulaire Education Nationale-Santé du 18/07/01 :
| Pour en savoir plus | |
1. Renforcer la cellule nationale d'écoute, le numéro AZUR "Handiscol" (0801 55 55 01) qui sera mis en place à la rentrée pour l'information des familles;
2. Réalisation d'un guide pratique pour les familles;
3.Formation initiale et continue pour les enseignants et chefs d'établissement;
4. Plan de recrutement de nouveaux auxiliaires d'intégration, des emplois-jeunes en partenariat avec les associations et collectivités locales, pour renforcer les 7500 aides-éducateurs déjà employés dans ce secteur;
5. Acquisitions des matériels éducatifs spécifiques (pour sourds et aveugles notamment) pour les établissements scolaires;
6. Etat des lieux et plans d'accessibilité des locaux scolaires;
7. Le centre de SURESNES devient Centre National de ressources;
8.Création, dans tous les départements, d'un groupe de coordination "Handiscol " qui, sous l'autorité du Préfet, et associant les services de l'Education, des Affaires sociales et de la Santé, des collectivités territoriales, établira un recensement des enfants à la recherche d'une intégration, un inventaire des obstacles et un schéma départemental et régional de l'accueil en milieu, scolaire.
Accueil et scolarisation
Ces textes fournissent tout un argumentaire conduisant à tenter a priori l'intégrat
ion. Donner sa chance, et donner du temps à l'enfant ou l'adolescent sourd.
Ce cadrage national est parfois relayé :
Mais on l'aura compris, l'essentiel est l'avis favorable de l'équipe pédagogique. Car on ne peut lui imposer, de fait, l'intégration. Il faut convaincre, et tout ce qui précède peut y aider les familles. en faisant appel aux responsabilités professionnelles, à l'éthique du métier d'enseignant, en rassurant en mettant en évidence les partenariats à développer, la dimension annuelle de la convention.
Pédagogie et vie de classe
C'est sur ce plan qu'il est sûrement le plus efficace de rassurer les enseignants. Quelques éléments d'argumentation: l'intégration enrichit la vie de classe, la solidarité entre les élèves, suscite des pratiques d'entraide ,facilite l'autonomie et répond aux objectifs d'éducation à la citoyenneté.
Les adaptations que l'enseignant mettra en œuvre (appel à de multiples supports visuels, attention au rythme d'apprentissage de l'élève, développement des stratégies variées d'apprentissage, etc.) profiteront à l'ensemble des élèves.
Ce qui illustre que l'accueil d'un enfant sourd ne constitue finalement qu'un cas limite de ma mise en œuvre pédagogique différenciée. C'est à dire d'un enseignement plus centré sur l'élève que sur les contenus.
Dernier élément favorable : le Nouveau Contrat pour l'école (1995)
Il a confirmé les orientations précédentes. Les nouveaux programmes, moins encyclopédiques, imposent aux enseignants la mise en œuvre d'études dirigées qui sont le moment privilégié d'attention à l'élève, de reprise autrement des apprentissages du matin..., et le dispensent de devoirs écrits à la maison.
Et tout ceci concerne aussi l'enfant sourd, et contribue à sa réussite scolaire.
Conclusion : deux niveaux de préoccupation
D'une manière générale, il est important de défendre l'esprit des textes, de les faire respecter, de veiller à ce qu'ils ne soient pas amendés ou vidés petit à petit de leur substance. Citoyens, les parents comme les enseignants gagnent à faire vivre le système éducatif sur de telles bases.
Pour la famille cherchant à scolariser son enfant sourd, le recours aux textes est surtout un levier face aux responsables institutionnels. Face à l'enseignant, à son ignorance du handicap, à son inquiétude de ne pas y arriver, il est certainement nécessaire de savoir dédramatiser, de mettre en évidence qu'il ne sera pas seul, de préciser les adaptations faites au projet éducatif standard auquel il se réfère plus ou moins consciemment, d'envisager l'échec éventuel - tout en se gardant de trop y croire !- , d'afficher la solidité d'un projet parental qui rejoint celui du système éducatif: mener chaque élève au mieux de ses possibilités, dans l'optique d'une insertion sociale
La loi a été mise en application au 1er janvier 2006
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| Texte intégral | |
Décret n° 2005-1752 du 31/12/2005 :
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Décret n° 2006-509 du 03/05/2006 :
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| Echéancier intégral | |
Cette loi, modifie profondément la conception du handicap par les pouvoirs publics, et donc sa prise en charge :
Très séduisante sur le " papier ", et allant résolument dans le bon sens d’une manière théorique, cette loi amène cependant un certain nombre d’interrogations voire d’inquiétudes :
Des interrogations persistent :
Plusieurs études et enquêtes ont été réalisées par la Fédération Française des Implantés Cochléaires, avant sa dissolution, plus particulièrement sur la scolarisation des enfants implantés cochléaires :
1ère enquête (novembre 1998) :
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2nd enquête (fin 1999 - 2000) :
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3ème enquête (fin 2001 - 2002) :
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4ème enquête (2004 - 2005) :
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Enquête sur l'accueil des enfants implantés cochléaires
en milieu scolaire ordinaire (année scolaire 2001) :
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