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Implantation et suivi





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Boule L'implantation cochléaire en l'an 2000

Depuis 1957, date de la première expérimentation en médecine humaine se rapportant à l'implantation cochléaire, cette technologie a bénéficié de toutes les avancées des temps modernes : techniques médicales, miniaturisation et progrès informatique, amélioration de la prise en charge des malentendants, compréhension meilleure des mécanismes de l'audition.

L'implantation cochléaire s 'adresse aux surdités profondes qui ne tirent pas de bénéfice net de l'appareillage acoustique amplificateur.

Ainsi, grâce à ces développements fantastiques, l'implantation cochléaire actuelle est un outil sûr et fiable. Sûr dans la mesure où les complications dans des mains entraînées sont exceptionnelles ; fiable, dans la mesure où, lorsque les indications et contre-indications sont respectées les résultats observés sont excellents.

Chez l'enfant sourd profond de manière congénitale, l'implantation précoce réalisée avant l'âge de 3 ans permet de constater qu'un certain nombre de ces enfants peuvent être intégrés de manière naturelle dans le circuit éducatif en milieu entendant , et développer une communication exclusive sur le monde oral avec, à la fois, une bonne compréhension et une bonne expression de la langue française orale.
Quant aux adultes devenus sourds, pour peu qu'il n'y ait pas de contre-indication d'ordre médical et une durée de la surdité qui ne soit pas importante, les résultats sont tels qu'un quart de ces patients complètement sourds et non appareillables par des prothèses acoustiques, peuvent accéder à une communication téléphonique. Le niveau moyen de la reconnaissance de la parole sans l'aide de la lecture labiale se situe en moyenne à 70% alors qu'avant l'implant cochléaire, il n'excédait pas 20% avec une prothèse acoustique avec amplification bien réglée.

De nombreuses publications internationales ont montré que cette technique avait un rapport coût - efficacité excellent et en tout cas bien meilleur que certaines autres technologies médicales modernes, coûteuses ( triple pontage coronarien par exemple).
La reconnaissance officielle par la Direction des Hôpitaux du Ministère de la Santé de l'efficacité de l'implant a conduit à débloquer en France la situation budgétaire. Actuellement, les centres d'implantation cochléaire accrédités peuvent voir leur fonctionnement tout à fait satisfaisant et être en mesure d'apporter aux patients une solution à leur isolement sensoriel.


Boule La situation en France




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Main Aspects épidémiologiques de l'implantation cochléaire

Il y a en France peu d'études épidémiologiques.

On évalue à 1 pour 1000 la probabilité de naissance avec une surdité; il y a 800 000 naissances en France par an ce qui fait 800 nouveaux cas par an.
L'hypothèse haute peut être évaluée à 600 cas pour lesquels il faut se pencher sur la question de l'implantation cochléaire; l'hypothèse basse est de 200.
Un moyen terme est de 400 par an, ce qui fait en moyenne 1 implant pour 150 000 habitants.


Résultats de l'étude épidémiologique (Chiffres moyens) :


180 implants annuels sont posés en France (1998>, soit 1 implant pour 3,10 implants par million d'habitants. Par comparaison : en Grande Bretagne 7,06.

En Europe, pour ces chiffres bruts, la France se situe en 10ème place pour l'implantation cochléaire.


Main Les besoins (situation en 1998)

Demande moyenne d'implantation adulte : 1,28 implant par million d'habitants
Hypothèse moyenne : 57 implants par an (entre 39 et 116)
Réservoir d'implantation adulte : 30,3 implants par million d'habitants :1356
Hypothèse moyenne : 1356 cas

Demande moyenne d'implantation adolescents : 1,28 implant par million d'habitants
Hypothèse moyenne : 10 cas
Réservoir d'implantation adolescents : 241 cas

Demande moyenne d'implantation enfants : 0,31 cas par million d'habitants
Hypothèse moyenne : 214 cas
Réservoir d'implantation enfants : 1140 cas

On peut donc observer un déséquilibre entre les besoins annuels et le nombre d'implantations effectués, sans parler du retard des années précédentes :


Chiffres 1998 donnés sous réserve des augmentations budgétaires.





Main Nombre d'implants cochléaires en France au 31/12/2007 (et évolution depuis 1998)

Le nombre de porteurs d'au moins un implant cochléaire en France est difficile à obtenir de manière exacte, car il n'existe aucun recensement officiel de la part des services de l'Etat en la matière.
Cependant, les renseignements pris auprès des différents fabricants et professionnels (Centres implanteurs et ORL entre autres) permettent d'avancer les chiffres suivants :


Nom du fabricant Nombre d'implants cochléaires Pourcentage de parts de marché
ADVANCED BIONICS 710 11%
COCHLEAR 3 600 56%
MED-EL 460 7%
NEURELEC 1 670 26%
Total 6 440 100%


On estime en fin 2007 à 134 000 le nombre total d'implantations cochléaires dans le monde.

Les enfants implantés cochléaires représentaient environ 48% du total des implantés en France;
En 2005, il y a eu 377 adultes et 303 enfants implantés pour un total de 680 (soit 44,50% d'enfants environ).

Projection maximale retenue de 1200 implantations cochléaires annuels.

Le coût moyen de l'impantation est de 34 686 €; pour un adulte et 31 946 € pour un enfant (Source : Haute Autorité de Santé - HAS).

Au niveau national, on estime que le nombre d'implants cochléaires annuellement posés en primo implantation (renouvellements non compris) est de l'ordre de 680, soit un ratio de 11,33 implants/million d'habitants.
Malgré de gros progrès enregistrés ces dernières années (voir les chiffres de 1998 ci-dessus), il existe néanmoins une persistance de listes d'attente dans certaines régions. On estime un manque de 200 à 300 implants cochléaires par an pour résorber complètement cette carence.


Boule La prise en charge de l'implantation cochléaire


Des recommandations et une circulaire récente encadrent la prise en charge et l'information devant être donnée aux familles intéressées par l'implantation cochléaire.

La CT 07 par exemple, recommande la prise en charge par des professionnels de l'équipe pluridisciplinaire audiophonologique du très jeune enfant déficient auditif sévère ou profond, si possible avant l'âge de un an;

La CT 14 définie les structures en audiophonologie;


La circulaire DAS/DH/DGS n° 99-232 du 16/04/99 décrit la prise en charge des enfants sourds implantés.

Elle est très importante, car elle :


La circulaire DHOS-OPRC n° 01-511 du 25/10/2001 accorde un soutien fnancier exceptionnel à certains établissements connaissant une activité "notable" ou "intéressante" dans la pose d'implants cochléaires :



Main La recommandation CT 14

Poinçon Définition de l'audiophonologie

L'audiophonologie a pour objet l'étude de l'audition, de la phonation, de la parole et du langage de l'homme.
Elle comprend les aspects anatomique, physiologique, psychologique, acoustique, phonétique, linguistique et sociologique de la communication.
La prise en charge des troubles de la communication présente une part médicale, une part pédagogique, une part orthophonique (ou logopédique), une part psychologique et une part prothétique.

L'audiophonologie est une spécialité qui réunit plusieurs disciplines: médicale, psychologique, paramédicale et pédagogique.
Cette multidisciplinarité doit être coordonnée, cohérente et interactive.


Poinçon Constitution de l'équipe d'audiophonologie

 

L'équipe d'audiophonologie est composée :

La coordination de cette équipe doit être assurée par un médecin spécialiste compétent en audiophonologie. La direction peut être assurée par un professionnel d'une autre discipline mais toujours sensibilisé ou formé en audiophonologie.


Poinçon La structure en audiophonologie

Une structure en audiophonologie doit comprendre tous les secteurs relatifs aux disciplines reprises dans la définition de l'audiophonologie (cfr ci-dessus). Cette structure peut être intégrée dans un centre hospitalier ou être autonome mais doit nécessairement répondre à la définition d'une équipe d'audiophonologie.
Cette structure doit assurer le diagnostic, la prise en charge et le suivi du patient.


Boule Diagnostic

 

La structure doit disposer des moyens techniques permettant :


Boule Prise en charge et suivi

L'équipe d'audiophonologie doit pouvoir assurer la mise en place d'un programme de réhabilitation le plus rapidement possible après le diagnostic.
Le programme doit s'adapter à l'âge, à la pathologie et à la réalité du patient. Dans le cas des troubles de la communication, ce programme doit envisager toutes les aides techniques nécessaires (prothèses auditives y compris l'implant cochléaire et tout autres dispositifs spécifiques), et toutes les stratégies augmentatives ou alternatives de communication rendues nécessaires par la pathologie rencontrée.
La prise en charge des enfants nécessite un programme de guidance parentale multidisciplinaire et une collaboration étroite avec les structures scolaires.


Poinçon Interactions :

Une structure en audiophonologie sera en relation permanente avec les organismes de formation et par ailleurs participera, si possible, aux programmes de recherche.

CT 14 version complète

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Main La recommandation CT 07

Elle recommande :


Poinçon Information des familles

Deux parties :

Boule pour les enfants présentant une déficience auditive congénitale ou prélinguale

Boule pour les enfants présentant une déficience auditive post-linguale : surdité acquise ou évolutive



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Boule Pour les enfants présentant une déicience auditive congénitale ou pré-linguale

                       

Boule L'information en période de diagnostic

Une information claire sur l'implant cochléaire peut être donnée dès cette période, dans le cadre d'une information générale. Cette information ne doit pas entraîner un investissement moindre dans la prise en charge et en particulier dans la prothèse auditive.

Il faut donc insister sur les points suivants :

Pendant cette période, il est indispensable, avec la participation des parents :

Cette prise en charge représente, de toute façon, les pré-requis nécessaires à une candidature à l'implant cochlé;aire.

Pendant cette période, il faudra aider les familles à réfléchir :


Boule L'information par l'équipe audiophonologique au cours de la prise en charge

Cette information peut prendre plusieurs formes et s'inscrire dans l'ensemble des informations transmises aux familles : entretiens, colloques, réunions de parents, rencontre avec des personnes sourdes.
Cette information doit être largement pluridisciplinaire.

L'utilisation de documents ou de vidéo est possible en respectant une vision objective des résultats potentiels.

Cette information doit surtout être cohérente et elle doit maintenir une distance et une critique éventuelle par rapport à l'information transmise par les média.

Enfin, dans le cadre d'une information générale sur l'implant cochléaire, la commission demande que soit abordé le problème d'handicap associé à la déficience auditive. La présence de handicap associé ne constitue pas une contre-indication à l'implant cochléaire. Dans la décision, il faudra néanmoins tenir compte des potentialités de l'enfant, de l'existence d'une stratégie de communication et de la motivation de la famille. L'indication dépend surtout alors du bénéfice que peut apporter l'implant dans le contexte de cette pathologie associée.


Cette possibilité d'implant peut être envisagée soit par l'équipe audiophonologique qui suit l'enfant, soit par la famille qui s'interroge sur cette éventualité. Il est nécessaire que les différents membres de l'équipe se soient concertés avant de répondre à ce projet.

Le rôle du médecin (ORL, phoniatre ou audiophonologiste) est important dans cette information mais elle doit être faite en collaboration étroite avec les professionnels concernés.

L'information doit être large, répétitive, personnalisée :

L'information sur l'implant lui-même :

L'information sur la période pré-implantation : les parents doivent être informés

Il faut laisser aux parents le temps de reformuler leurs questions, leur permettre de rencontrer :

La famille peut vivre, en effet, une période difficile avant la décision. La nécessité d'un choix et la lourde responsabilité qu'il représente, peuvent nécessiter une aide psychologique qui devra s'adapter à cette situation particulière.


Boule La famille s'adresse ou est adressée à l'équipe responsable de l'implantation

Cette équipe doit prendre contact avec celle qui assure la prise en charge. Elle doit demander le dossier multidisciplinaire de l'enfant et en prendre connaissance.
L'interrogatoire, les premiers examens auront pour but détudier la faisabilité de l'implantation ou une contre-indication éventuelle.

Sauf dans des cas particuliers, la décision d'implantation ne sera éventuellement prise qu'après une période d'observation de 6 mois minimum. Ce délai est nécessaire chez l'enfant très jeune pour apprécier l'évolution de l'enfant en s'étant assuré au préalable de la qualité de la prise en charge et de l'adaptation de l'appareillage prothétique pendant cette période. La perception auditive avec prothèse doit être contrôlée et cet examen sera répété si nécessaire. Enfin, ce délai permettra aussi aux familles de mûrir leur décision.

Elle nécessite la participation de tous les membres de l'équipe pluridisciplinaire responsable de l'implantation. Un consensus doit exister sur l'indication d'implantation entre l'équipe d'implantation et l'équipe qui prendra en charge l'enfant.

L'étude de faisabilité nécessite :

Des examens complémentaires :


Elle devra maintenir une relation continue avec l'équipe qui assure la prise en charge pour évaluer la progression de l'enfant.

Elle devra donner toutes les informations nécessaires :

Elle organisera la rencontre d'enfants porteurs d'un implant et de leurs familles.

La commission souligne le fait que la décision définitive appartient toujours à la famille.



CT 07 version complète

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Boule Pour les enfants présentant une déficience auditive post-Iinguale

Il peut s'agir de déficiences auditives acquises ou évolutives.
Les recommandations concernant l'information seront les mêmes que pour les enfants présentant une surdité congénitale ou prélinguale.

La commission souligne cependant les faits suivants :


Poinçon Information apportéée à l'enfant qui doit bénéficier d'un implant cochléaire

La commission insiste sur la nécessité d'apporter également le maximum d'information à l'enfant lui-même. Cette information sera adaptée en fonction du niveau de compréhension et d'expression langagière de l'enfant, afin de lui permettre autant que possible de participer au processus de décision d'implantation.
Elle utilisera tous les moyens adaptés à la transmission d’un message à l’enfant déficient auditif en fonction de son âge. On peut par exemple lui présenter le matériel externe de l’implant; il peut également rencontrer des enfants porteurs d’un implant, etc...

Cette information devra se poursuivre immédiatement avant l'intervention, dans la période post-opératoire et plus tard au moment des réglages.

Boule L'intervention chirurgicale

A qui s'adresse cet appareillage ?

L'implant cochléaire multi-électrodes est une technique qui existe depuis une vingtaine d'années. Elle permet de transformer le signal acoustique (le son) en signal électrique, afin de pallier aux déficiences de la cochlée ou du nerf auditif. On parle alors de surdités neurosensorielles.
Plus particulièrement, l'implant cochléaire permet de remplacer les cellules ciliées endommagées, en véhiculant le signal électrique directement au niveau des terminaisons nerveuses de la cochlée.

Cette technique a tout d'abord été utilisée chez les adultes devenu sourds, pour lesquels les prothèses conventionnelles n'apportaient pas de résultats satisfaisants.
Ensuite, ce sont les enfants devenu sourds, après l'acquisition du langage (post-linguaux), qui ont pu bénéficier de cette nouvelle technologie.
Enfin, l'indication a ensuite été étendue aux enfants sourds profonds de naissance, congénitaux, ou l'étant devenu avant la période d'acquisition du langage (pré-linguaux), et ne pouvant donc pas oraliser normalement.
Dans ce dernier cas, le but de l'implant cochléaire est de fournir une perception auditive qui permettra à l'enfant sourd pré-lingual de développer un langage parlé, de communiquer plus facilement avec son entourage, et pouvoir espérer une meilleure intégration dans la société "entendante".

A ce jour, environ 11 500 enfants et adolescents ont subi cette intervention dans différents centres du monde entier. Les premiers résultats disponibles montrent que certains enfants devenus sourds précocement apprennent à utiliser l'information fournie par l'implant cochléaire pour atteindre une meilleure communication.

L'intervention chirurgicale

Sous anesthésie générale, le chirurgien fait une incision derrière l'oreille. Il crée une petite dépression dans l'os de la mastoïde derrière l'oreille pour y placer le récepteur/stimulateur.


(voir le schéma ci-dessous)


Pose implant


Le faisceau d'électrodes est introduit par une petite ouverture dans la cochlée (organe de l'oreille interne, ressemblant vaguement à une coquille d'escargot). La forme fine (0,6 à 0,4 mm) et effilée du faisceau d'électrodes et sa flexibilité lui permettent d'être placé dans la cochlée et d'en suivre les courbes.


(voir le schéma de la cochlée ci-dessous)


Cochlée



L'opération dure en général 2 à 3 heures, et le séjour à l'hôpital environ une semaine.

Quand l'incision est refermée et la peau cicatrisée, les parties internes de l'implant sont invisibles pour le porteur comme pour son entourage.

Le rétablissement total après l'opération comporte la récupération après l'anesthésie et la cicatrisation du site d'incision. Généralement, cette dernière s'effectue en 3 à 5 semaines, et la plupart du temps, les patients se sentent alors suffisamment rétablis pour retourner à leurs activités.

Les parties externes de l'équipement sont mises en fonction lorsque l'incision est cicatrisée. Le patient retourne alors à l'hôpital, son système d'implant cochléaire est réglé pour correspondre à ses niveaux de détection et de confort, et il commence le processus consistant à entendre et à apprendre à faire usage du système.

Risques de l'intervention

Les risques d'une chirurgie d'implantation cochléaire sont les mêmes que ceux de toute autre chirurgie : problèmes éventuels liés à une anesthésie générale, risque de cicatrisation différente suivant chaque personne.

Cependant, certains effets secondaires temporaires sont spécifiques aux interventions à ce niveau de la tête : il s'agit d'inflammation, d'infection, de gêne du nerf facial, de raideur ou d'engourdissement autour de l'oreille, de perturbation du goût ou de l'équilibre, et de modification notable d'acouphènes (parasites dans l'oreille interne qui ont pour effet de donner la sensation d'entendre des sons de forte amplitude, en général) hors fonctionnement de l'implant.

Bien qu'il soit important d'être averti de la possibilité de ces complications, il y a eu, jusqu'à ce jour, peu d'effets secondaires négatifs, suite à l'implantation cochléaire.



Boule Le suivi orthophonique




Trait



 

Main La prise en charge orthophonique de l'enfant

Elle s'inscrit dans le cadre de la prise en charge générale de l'enfant :

Elle est fonction de :


Poinçon La rééducation du jeune enfant (2-5 ans)

Elle a deux principes fondamentaux :


Elle a trois objectifs :


Poinçon La rééducation de l'enfant (5-10 ans)

Elle respecte le développement de l'enfant à structurer la langue orale et à en identifier les constituants en tant qu'item verbaux signifiants.

Elle repose sur l'alliance avec l'écrit qui devient un support stable des schémas auditifs. Elle est plus analytique et oriente progressivement l'enfant vers une discrimination phonologique et phonétique aidée en cela par l'apprentissage du dire-écrire.

L'enfant structure et analyse la langue orale qui devient peu à peu un outil de communication véritable : si toutefois le milieu dans lequel évolue l'enfant incluse cette nouvelle dimension acoustique en respectant ses limites et ses différences.


Marie-Annick CONSTANTIN-BREMOND
Orthophoniste à Lyon



Main La place de l 'orthophoniste dans une équipe d'implantation cochléaire péiatrique

Par son bilan et ses observations, l'orthophoniste tente de déterminer si l'implantation cochléaire est la solution la plus adaptée pour faciliter l'acquisition du langage et rendre l'intégration scolaire et sociale beaucoup plus facile.
Le bilan orthophonique est complémentaire du bilan audiométrique et psychologique.

Poinçon Avant implantation

Pour l'enfant tout-petit, l'appréciation de la communication est importante :

Il s'agit d'évaluer l'aptitude de l'enfant dans ses échanges verbaux et non verbaux pour déterminer si la communication est de qualité ou, si au contraire, il faut la stimuler avant l'implantation.

Pour l'enfant plus âgé un bilan orthophonique classique du langage oral et écrit, prenant en compte le mode de communication, est pratiqué.

Ce bilan est une étape clé pour établir une référence à laquelle on pourra confronter les résultats en post-implantation.

Boule Entretien avec les parents

Cet entretien est un complément indispensable du bilan orthophonique :

Cet entretien met en évidence l 'investissement et/ou les difficultés liées à la surdité de l'enfant dans sa famille. Il renseigne également sur le mode de prise en charge orthophonique, sur le regard porté par la famille sur les soins déjà entrepris, sur les projets des parents avec l'implant.

Cela débouche auprès des parents sur un travail d 'information, qui est repris par le médecin responsable du programme implant :
les grandes difficultés de l'enfant pour développer un langage oral et suivre une scolarité normale, même avec la pose d'un implant, sont évoquées et soulignées . L'implant n'est donc pas proposé comme une solution miracle mais comme une prothèse plus adaptée au type de surdité de leur enfant.

Ces échanges renforcent également le travail des équipes qui, encadrent au quotidien, l'enfant et sa famille.


Boule Entretien avec les éuipes de soins et éducatives

échanges de bilans et d'informations sur la prise en charge globale de l'enfant ainsi que sur la scolarité actuelle et antérieure.

Ce travail de concertation avec les équipes est indispensable pour aboutir à des conclusions synthétiques et consensuelles.
Il peut arriver que durant ces échanges entre équipes, il soit mis en évidence la nécessité de mesures d'accompagnement impossibles à réaliser auparavant. Elles ne remettent pas obligatoirement en cause la décision d'implantation.

Poinçon Préparation à la chirurgie

La décision d 'implantation est prise.
Un travail de préparation à l'intervention est effectué auprès des parents et de l'enfant.
Toutes les étapes du cursus post-implant sont abordées de façon pratique.
Ceci, bien entendu, se fait en étroite collaboration avec les équipes qui encadrent l'enfant au quotidien.

Poinçon Après implantation

Au moment du réglage, la tâche essentielle de l'orthophoniste sera de savoir communiquer avec l'enfant pour le tranquilliser et lui faire comprendre la situation pour qu'il y participe avec plaisir.

Les bilans orthophoniques réguliers apprécient la communication et le langage sous toutes ses formes (orales et gestuelles ), en partant des références données par le bilan pré-implant.

Dans les cas de surdité pré-linguales l'évaluation ne se limite pas à la perception auditive.

Ces bilans apportent de précieux renseignements sur la validité du réglage, en complément du bilan audiométrique pratiqué par le médecin audiophonologiste.


Geneviève MARTINON
Orthophoniste à Lyon





Main La rééducation de l'adulte implanté

Dans la réhabilitation du sujet implantéau monde sonore, l'orthophoniste est avant tout un guide attentif :

L'orthophoniste adapte le travail rééducatif :


L'échange avec le sujet implanté donne à l'orthophoniste la possibilité de comprendre le ressenti dans cette nouvelle écoute, d'en extraire les caractéristiques principales pour les exploiter lors de l'éducation auditive.
Cet échange permet de conduire le sujet vers une analyse des composantes de la langue orale et de l'aider dans la discrimination phonologique qui, sera un des versants du travail d'écoute et le conduira vers l'écoute pure.

L'orthophoniste veille :

L'orthophoniste intervient auprès de l'équipe d'implantation pour l'informer de toute modification comportementale du sujet dans l'écoute.

Le travail rééducatif varie selon chaque individu.
On peut cependant citer les caractéristiques essentielles de l'éducation auditive :

Ce travail d'écoute s'accompagne de supports visuels sur une durée plus ou moins longue selon les sujets :

Ce travail d'écoute représente pour le sujet une activité de décodage des nouvelles perceptions pour les mettre en relation avec les images sonores stockées en mémoire . On observe peu à peu la re-création d'une mémoire auditive.

Enfin, pour répondre aux attentes personnelles du sujet on orientera l'écoute vers d'autres sources sonores :

ces deux dernières ne pouvant se réaliser que par un travail personnel du sujet en dehors de la participation de l'orthophoniste.


Marie-Annick CONSTANTIN-BREMOND
Orthophoniste à Lyon



Boule Les règlages d'implants cochléaires

 

Pendant l'intervention chirurgicale, lorsque le chirurgien à fini de poser la partie implantable, des tests électrophysiologiques sont réalisés.

Ces tests permettrent d'appréhender :

4 types d'examens sont utilisés :


Main Premier règlage

Le premier réglage est effectué dans une période comprise entre 1 et 4 semaines post opératoire, selon les équipes et le modèle de l'implant cochléaire (le nombre d'électrodes à activer, ainsi que les "stratégies" de codage ne sont pas les mêmes).

Lors de cette session, le processeur vocal (partie externe) est remis au patient et le réglage proprement dit est effectué.
Le processeur vocal est connecté à un ordinateur et par un logiciel spécifique, les électrodes sont réglées une à une pour déterminer la dynamique de chacune.

Dynamique : zone de fonctionnement du nerf auditif, d'une part délimitée par le niveau de stimulation électrique minimum permettant de provoquer une sensation auditive ou seuil de détection et par le seuil de confort d'autre part au-delà duquel la sensation auditive devient désagréable.

Lors de ce réglage, le seuil de confort sera ajusté à la baisse surtout chez l'enfant pour une habituation progressive de l'implant cochléaire.
Des fréquences spécifiques sont allouées à chaque électrode suivant le schéma réel de la localisation physiologique d'une cochlée normale.
Des tests spécialisés nous renseignerons sur l'efficacité du réglage et si celui-ci distille bien les bonnes informations pour la compréhension de la parole .


Main Règlages suivants et rééducation orthophonique

La dynamique sera optimisée et des ajustements sur les électrodes affinés.

Les tests orthophoniques nous renseignerons sur l'évolution de la perception et de la production des patients et sur la qualité du message reçu.
Plusieurs réglages seront nécessaires au cours des premiers mois et de la première année puis s'espaceront au fil du temps.
Lorsque les règlages auront été optimisés, une séance annuelle sera suffisante (plus si besoin bien entendu).

Il va de soi que si les règlages sont très importants, le plus gros du travail se fait avec les orthophonistes dans le cadre de séances régulières de rééducations (plusieurs par semaines dans un premier temps)...et surtout avec soi-même !

La prise en charge orthophonique d'un enfant est bien entendu différente de la rééducation d'un adulte (voir ci-dessus), et tout dépend de l'historique de la surditéde chacun.

Comme pour les règlages, ces séances s'espaceront avec le temps...et les progrès réalisés.







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